dimanche 30 août 2015

Histoire

Ukraine : Inauguration du village pour réfugiés juifs




La situation en Ukraine est toujours aussi préoccupante mais le monde ne s’en émeut pas outre mesure, laissant les événements se poursuivre dans une indifférence quasi générale.

Sur le terrain, les Juifs font partie de ceux qui souffrent des tensions et des affrontements réguliers entre forces locales et séparatistes russes. Ils sont des milliers à fuir les zones de combat, arrivant essentiellement de la région de Donetsk et de Lougansk.

Désormais, certains d’entre eux sauront où aller grâce à une initiative du grand rabbin d’Ukraine, Rav Moshé Asman, et de la communauté juive locale dont nous avons parlé le mois dernier. Un terrain a été acheté dans le village d’Anatevka, près de Kiev, pour la construction d’habitations, d’une synagogue, d’une école et d’un centre communautaire.

Une localité juive a existé dans le secteur par le passé et un rabbin connu y est enterré : il s’agit du Rav Mordeh’aï Motel Twersky de Tchernobyl.

Le projet est soutenu par Habad, le Joint, l’Agence Juive et la fondation ‘Hakeren Layedidout’ (International Fellowship of Christians and Jews).

En quelques mois, le chantier a bien avancé et il est prévu d’y loger prochainement, dans un premier temps, près de cent réfugiés juifs. Des centaines d’autres devraient par la suite être accueillis dans ce village qui doit être inauguré officiellement dans deux jours.

Le Rav Asman a déclaré à cette occasion : « Je suis heureux que nous ayons pu atteindre l’objectif que nous nous étions fixé, visant à installer un premier groupe de réfugiés juifs dans ce nouveau village dès le début du mois de septembre ». Il a ajouté : « Dans quelques jours, les travaux reprendront à un rythme accéléré ».



Claire Dana-Picard  / Chiourim.com

jeudi 27 août 2015

Histoire

Shanghaï promeut son rôle de "sauveur de Juifs" pendant la guerre





Des dizaines de milliers de Juifs se sont réfugiés dans la mégapole chinoise pour fuir les persécutions nazies

La Chine déploie depuis quelque temps des efforts importants pour promouvoir le rôle de Shanghaï dans le sauvetage des Juifs européens pendant la guerre, dans le cadre des commémorations célébrant le 70e anniversaire de la victoire sur le Japon, qui doit culminer avec une immense parade militaire.

En tant que le "port du dernier recours", la Chine a fourni un refuge à des dizaines de milliers de réfugiés juifs qui ont fui les persécutions en Europe durant les années 1930 et 1940.

Le Japon, allié de l'Allemagne nazie pendant la guerre, a pris la ville en 1941, et déplacé plus tard 20.000 Juifs dans une "zone désignée" (appelée ghetto par certains), dans le nord du district de Hongkou, où ils ont vécu aux côtés des résidents chinois.

Malgré les conditions de vie précaires et les mauvais traitements infligés par les autorités japonaises, ils ont évité l'extermination, en dépit des demandes de Berlin.

"Shanghaï a sauvé nos vie", a affirmé à l'AFP l'ancien réfugié juif Judy Kolb, qui a vécu dans le ghetto lorsqu'il était enfant.

Ainsi, une nouvelle exposition dans un musée dédié aux réfugiés juifs ouvre cette semaine, le mois prochain la comédie musicale "Les Juifs à Shanghaï" sera présentée dans un théâtre, et un parc commémoratif doit également être inauguré.

"Shanghai a été la seule ville où les étrangers pouvaient rentrer sans visa, même sans passeport. Elle a été la seule ville qui a ouvert ses portes", a déclaré Pan Guang, doyen du Centre d'études juives à Shanghaï.

"L'histoire des réfugiés juifs est un choix naturel pour ce genre de commémoration, car il y a beaucoup d'éléments positifs en quelque sorte, comme le dépassement des difficultés, ou encore l'amitié entre les Chinois et les étrangers", explique Doug Young, un professeur de journalisme à l'Université de Fudan, dans le journal Shanghaï Daily.

" Guerre anti-fasciste "

Les commémorations de Shanghaï s'achèveront avec une parade militaire géante le 3 septembre, à laquelle devrait assister le président russe Vladimir Poutine, mais peu d'autres grands dirigeants mondiaux. Le défilé doit célébrer la fin de ce que Pékin appelle "la guerre de résistance du peuple chinois contre l'agression japonaise et la guerre mondiale anti-fasciste".

Cette démonstration de force intervient alors que Pékin agit avec de plus en plus d'assurance dans la région.

Mais à l'époque, le parti communiste chinois était surtout un mouvement clandestin, et il n'était que peu impliquer avec l'installation des Juifs à Shanghaï.

Avant qu'elle ne soit prise par les Japonais, la ville était composée de la Concession international née en 1863 de la fusion des concessions britannique et américaine, et de la Concession française, tandis que la zone chinoise était administrée par le Kuomintang (KMT), les ennemis des communistes.

Feng Shan Ho, du KMT, qui fut nommé consul général de la Chine à Vienne à la veille de la Seconde Guerre mondiale, est aujourd'hui honoré pour avoir offert un refuge à plusieurs milliers de Juifs en leur délivrant des visas qui leur ont permis de quitter l'Autriche.

"Il était assis dans le café à côté du consulat, a demandé à des Juifs de venir et leur a délivré des visas. Ces personnes n'avaient pas besoin de visa pour rentrer à Shanghaï, mais pour quitter l'Autriche", raconte Pan, du Centre d'études juives de Shanghai.

Ho a ensuite fui à Taiwan après la défaite du Kuomintang lors de la guerre civile chinoise, face aux forces de Mao Zedong en 1949.

" La liste de Schindler "

Le Congrès juif mondial, qui représente les communautés juives dans 100 pays, a annoncé qu'elle allait organiser un événement avec le gouvernement chinois pour marquer la libération du ghetto de Shanghaï.

Le Musée des réfugiés juifs de Shanghaï prévoit de présenter sa candidature à l'UNESCO pour que sa collection fasse partie du programme "Mémoire du monde", qui vise à préserver le patrimoine documentaire.

La nouvelle exposition qui ouvre mercredi, présentera des documents historiques et des témoignages d'anciens réfugiés, a annoncé Chen Jian, le conservateur du musée.

Le "White Horse Inn", qui était un lieu de rassemblement pour la communauté juive, a été reconstruit à proximité du musée, après que la ville a démoli le bâtiment d'origine en 2009 pour faire de la place aux travaux d'élargissement de la route. "C'était un endroit populaire où les Juifs se réunissaient", a déclaré Chen.

De même, le parc commémoratif de 300 mètres carrés qui doit ouvrir ses portes le mois prochain, remplacera les quatre anciens cimetières juifs à Shanghai, qui n'existent plus aujourd'hui, et dont certains ont été détruits pendant la désastreuse Révolution culturelle entre 1966 et 1976 .

La nouvelle comédie musicale, "Les Juifs de Shanghai", qui raconte l'histoire d'amour entre un homme juif et une femme chinoise se produira aussi à partir du mois de septembre, rapportent les médias officiels.

Mais Pan, qui est également professeur à l'Académie des sciences sociales de Shanghai, songe à d'autres projets culturels de plus grosse envergure, de la même ampleur que le film multi-oscarisé de Steven Spielberg sur un homme d'affaires allemand qui sauvé des Juifs.

"J'ai cinq scripts sur ma table, mais je ne pense pas qu'ils soient bons. Toujours à propos de l'amour... ou des films d'action", a déclaré Pan.

"Nous voulons quelque chose faire quelque chose comme " La Liste de Schindler ", a-t-il affirmé.


http://www.i24news.tv/fr/actu/international/asie-pacifique/83517-150827-shanghai-promeut-son-role-de-sauveur-de-juifs-pendant-la-guerre

mercredi 26 août 2015

Mémoire

Un timbre à l’effigie du " Schindler " britannique





Encore un héros méconnu qui n’a été remercié officiellement que de nombreuses années après son action remarquable. Il bénéficie à présent d’un nouvel hommage rendu quelques mois à peine après son décès.

La poste britannique (Royal Mail) a annoncé qu’elle allait émettre un timbre à l’effigie de Sir Nicholas Winton, qui a sauvé de nombreux Juifs pendant la période de la Shoah. Ce dernier s’est éteint en juillet dernier à l’âge de 106 ans.

Il doit cet honneur posthume à une campagne lancée ces derniers mois sur un site juif britannique soutenue par le ‘Holocaust Educational Trust’, l’Association des Réfugiés juifs et Sir Mick Davis, président de la commission de l’Holocauste de David Cameron. Elle a réussi à réunir près de 106 000 signatures.

Nicholas Winton (Wertheim), fils de parents juifs né à Londres en 1909, avait été baptisé à sa naissance. Il était un jeune agent de change de 29 ans lorsqu’il est arrivé à Prague en 1938. Il prévoyait de partir aux sports d’hiver en Suisse mais il a renoncé à ses vacances lorsqu’il a appris la crise concernant les réfugiés en Tchécoslovaquie qui venait d’être occupée par les Nazis.

Au cours des neuf mois suivants, il a fait affréter huit trains qui ont transporté 669 enfants, pour la plupart juifs, de la Tchécoslovaquie en Angleterre.   

L’héroïsme de Nicholas Winton a été totalement ignoré du public jusqu’en 1988. Sa femme Greta avait alors trouvé des documents au grenier attestant son action de sauvetage. Cette découverte avait entraîné des rencontres très émouvantes avec des enfants qu’il avait sauvés et un documentaire.

Par la suite, il a été honoré à maintes reprises, recevant notamment le titre de chevalier. L’an dernier, il était l’invité du gouvernement tchèque qui lui a remis lors d’une cérémonie à Prague la médaille la plus prestigieuse de l’État.  


Claire Dana-Picard  / Chiourim.com

History

Amid Drought, WWII Relics Are Being Discovered Under Poland’s Vistula River

Fragments of Jewish tombstones and remnants of Soviet bomber-fighter planes among items found






On Tuesday, Jonny Daniels, the founder of From the Depths, a Jewish organization committed to preserving memories of the Holocaust, particularly in Eastern Europe, walked along the Vistula River in Warsaw, Poland, picking up pieces of stone with Hebrew lettering on it. “The Vistula River is hiding no end of secrets,” he told the AP. “They are everywhere… Jewish history is buried [here].”

A heat wave, combined with minimal rainfall, has caused a drought in Poland, forcing Vistula’s water levels (and those of its tributaries) to record lows not seen since the late 18th century. As a result, a number of relics from WWII, including the remains of Soviet fighter planes and their pilots, as well as Jewish tombstones.

The Jewish tombstones that were found in Warsaw are believed to come from the Brodno cemetery in Warsaw’s Praga district. Once the resting place of 300,000 Jews, only 3,000 tombstones remain there today; the rest were removed during and after the war and used as building materials and to reinforce the river’s banks.

On Sunday, remnants of a Soviet fighter plane was found in the Bzura River, one of Vistula’s tributaries, and were taken to a nearby museum. In the plane were: “parts of Soviet uniforms, a parachute, a sheepskin coat collar, parts of boots, a pilot’s personal TT pistol and radio equipment were found, along with a lot of heavy ammunition. The inscriptions on the control panel and on the radio equipment are in Cyrillic.”

Also discovered were stone fragments from the Poniatowski Bridge, which spanned the Vistula as the Germans destroyed the Warsaw Uprising in 1944, crushing parts of the structure along the way.



History

The Holocaust and the West German Historians : 

Historical Interpretation and Autobiographical Memory







In this landmark book, historian Nicholas Berg addresses the work of German historians in the first three decades after Germany’s defeat in World War II, examining how they perceived—and particularly failed to perceive—the Holocaust and how they interpreted and misinterpreted that historical phenomenon while hiding behind the mantle of historical objectivity.

The rejection and criticism Jewish European historians drew from their German colleagues had a great deal to do with strategies of denial of responsibility emblematic of the German historians’ inability to contemplate their own complex ideological and intellectual origins and perspective. Perhaps because the Nazi past was so hideous and the complicity of most sectors of German society—including the academy—so profound, historians took refuge in forgetting, in silence, and in excluding the victims’ voices. Though not averse to remembering the Nazi era, their memories of it were excessively influenced by participants in that history—observers, Nazi party members, bureaucratic planners, even genocidal killers—and were also “self-directed” at and Germany’s and their personal suffering, rather than “other-directed” to the suffering of the victims. When German historians began to write about the period in the 1950s and ‘60s, they universally rejected the possibility of collective German responsibility and the assumption that Germany was indeed composed of a community of perpetrators. They tried to avert their “gaze” from Hitler’s horrific legacy, refusing to problematize their own memory of what Germans knew about the atrocities, mass killings, and death camps. Instead, they presented their scholarship as objective, scientific, and dispassionate, thus allowing their memory to merge into their scholarship. At the same time, they maintained an aggressive indifference to the experiences of victims and rejected the work of Jewish scholars like Joseph Wulf, Poliakov, Gerald Reitlinger, and Raul Hilberg. For the most part Jews were absent from postwar West German discourse on Nazism and the Holocaust because German historians had other memories and therefore another historiographic perspective.

A highly original work of historiography, The Holocaust and the West German Historians will be of interest to historians of the Holocaust and Nazi Germany and to anyone interested in the historian’s craft and the relationship between history and memory. Without the work of historians there is no social, political, and cultural memory, but as Berg skillfully demonstrates, historians are often guided or blinded by their own biases, particularly when they support a narrative of innocence or powerlessness in the face of radical evil.


Histoire

1 300 Allemands membres d’organisations néonazies





Des chiffres inquiétants ont été publiés dans le magazine Bild, faisant état d’un réveil de l’extrême droite en Allemagne.

Citant les résultats d’un rapport portant sur la violence de certains groupes extrémistes au cours du premier semestre 2005, il indique que près de 1 300 Allemands sont aujourd’hui membres d’organisations néonazies. En revanche, on note une baisse de la violence auprès des extrémistes de gauche. La police a par ailleurs relevé moins d’actes antisémites que l’an passé.



http://lphinfo.com/2015/08/25/1-300-allemands-membres-dorganisations-neonazies/

History

Hi Hitler ! : How the Nazi Past is Being Normalized in Contemporary Culture






The Nazi era continues to stand as an exceptionally horrific period of history, and its genocidal policies as singular and extreme.This view, however, is challenged and attenuated by a powerful wave of normalization, Gavriel D. Rosenfeld argues in this fascinating and important book, particularly evident as we entered the new millennium. This wave of normalization manifests itself in many areas of contemporary intellectual and cultural life, appearing in serious works of scholarship and journalism; in popular novels, film, and television programs; and most prominently in internet culture and social media.

As the mass murder of millions of innocent people is normalized—even trivialized and vulgarized—a catastrophic history is lightened of its historical burden. The very success of the Holocaust’s wide dissemination has worked to undermine its gravity and render it more familiar. Rosenfeld adeptly explores historiographical and cultural trends across the globe with suggestive sections on developments in film, literature, and especially cyberspace to trace this process of normalization and its goal of overturning the exceptionality of the Nazi era. The irony is the more familiar the Holocaust and Hitler’s image become, the more they are presented in humorous and ironic ways, the more they undermine the terrible reality of the Holocaust. Memes like “Disco Hitler,” “Advice Hitler,” and “Hipster Hitler” have gone viral on the internet. What we are witnessing is the Holocaust being turned into something else:a repository of “lessons” about man’s inhumanity to man, a metaphor of victimization in general, a rhetoric for partisan politics, a relativizing of Nazism’s immorality by blurring the line between the Nazi perpetrators and victims, a cinematic or literary backdrop for melodramas, and material for satirical and comedic representations of the Nazi era and Hitler that have anesthetized the Nazi legacy.

There was a time not too long ago when Hitler and Nazis were viewed as symbols of extremity and radical evil. Today, their ubiquity has given them the appearance of normality. For increasing numbers of people the Nazi era has lost its historical specificity and has come to mean almost anything. Rosenfeld believes that the memory of the Holocaust will probably continue to be contested and determined by dialectical forces; remembrance will be shaped by the ongoing struggle between normality and the countervailing forces of morality and singularity. As extraordinary and provocative study shows, the steady normalization of the Holocaust, together with the passage of time and the diminishing number of survivor voices, will blunt the horrors of this history and continue to render them less outrageous and ultimately less horrible. Anyone interested in how historical memory—particularly of the Holocaust—is created and transformed, will find this book indispensable.



mardi 25 août 2015

Mémoire

Profanation du cimetière juif de Vilnius ( Lituanie)






Les autorités lituaniennes ont décidé de profaner le plus ancien cimetière juif de Vilnius (datant du XVème siècle) et d’humilier ainsi les milliers des Juifs qui y sont encore enterrés en construisant sur le cimetière lui-même un « Centre des Congrès ».

Il serait pourtant si facile d’éviter cet acte barbare en construisant ce Centre des Congrès à un autre endroit de Vilnius.
Cet acte s’oppose en effet aux lois internationales garantissant le droit de reposer en paix, à l’article 18 de la Convention des Nations Unies relatif aux droits civils et politiques, à la Chartre Européenne des Droits fondamentaux, et à l’interdiction de violer des sépultures selon les lois rabbiniques.
Le professeur Louis-Léon Christians de l’Université catholique de Louvain en Belgique a réalisé une excellente étude concernant l’obligation de préservation des cimetières juifs selon les Droit International.
En 2014, le Congrès américain a adopté une loi sur la protection des cimetières des minorités religieuses applicable à l’échelle internationale.
Un scandale international avait eu lieu lors de la construction de deux bâtiments de luxe (2005-2009) sur le bord du site du cimetière (alors que la construction du nouveau Centre des Congrès sera faite au centre du cimetière) à la suite duquel le Congrès des États-Unis a réagi en adoptant une résolution en 2008, condamnant « l’atteinte au cimetière juif historique de Vilnius ». Cet épisode a pris fin sur la base d’un « accord » disant que les bâtiments offensants ne seraient pas détruits mais qu’aucun autre bâtiment ne serait construit dans l’espace du cimetière juif.
Aujourd’hui, les autorités lituaniennes ont décidé de s’acharner et de ne plus respecter leur engagement de 2008 et commettront un blasphème encore plus grand pour le peuple juif en bâtissant un nouvel édifice au centre du cimetière et en impliquant la responsabilité de l’Union Européenne qui fournira une grande partie des moyens financiers.
Europe Israël nous invite à écrire nombreux à la Commission Européenne en vous inspirant de la remarquable lettre ci-dessous écrite par Didier BERTIN :
Lettre à Monsieur Jean-Claude Juncker, Président de la Commission Européenne
Objet : Profanation du cimetière juif de Vilnius par les autorités lituaniennes utilisant pour cela des fonds de l’Union européenne.
22 Août 2015
Monsieur le Président,
Je vous écris après que de nombreuses interventions aient été faites à un niveau en dessous du vôtre et qui ont échoué. Il s’agissait de protester contre la décision des autorités lituaniennes de vandaliser plus ancien cimetière juif de Vilnius(datant du XVème siècle) et d’humilier ainsi les milliers des Juifs qui y sont encore enterrés en construisant sur le cimetière lui-même un « Centre des Congrès ». Le financement de ce projet blasphématoire et illégal par des fonds structurels de l’Union Européenne est un facteur aggravant. Il serait pourtant si facile d’éviter cet acte barbare en construisant ce Centre des Congrès à un autre endroit de Vilnius.
Cet acte s’oppose en effet aux lois internationales garantissant le droit de reposer en paix, à l’article 18 de la Convention des Nations Unies relatif aux droits civils et politiques, à la Chartre Européenne des Droits fondamentaux, et à l’interdiction de violer des sépultures selon les lois rabbiniques.
Le professeur Louis-Léon Christians de l’Université catholique de Louvain en Belgique a réalisé une excellente étude concernant l’obligation de préservation des cimetières juifs selon les Droit International.
En 2014, le Congrès américain a adopté une loi sur la protection des cimetières des minorités religieuses applicable à l’échelle internationale.
Un scandale international avait eu lieu lors de la construction de deux bâtiments de luxe (2005-2009) sur le bord du site du cimetière (alors que la construction du nouveau Centre des Congrès sera faite au centre du cimetière) à la suite duquel le Congrès des États-Unis a réagi en adoptant une résolution en 2008, condamnant « l’atteinte au cimetière juif historique de Vilnius ». Cet épisode a pris fin sur la base d’un « accord » disant que les bâtiments offensants ne seraient pas détruits mais qu’aucun autre bâtiment ne serait construit dans l’espace du cimetière juif.
Aujourd’hui, les autorités lituaniennes ont décidé de s’acharner et de ne plus respecter leur engagement de 2008 et commettront un blasphème encore plus grand pour le peuple juif en bâtissant un nouvel édifice au centre du cimetière et en impliquant la responsabilité de l’Union Européenne qui fournira une grande partie des moyens financiers.
Il est difficile de ne pas faire un lien avec l’antisémitisme profondément enraciné en Lituanie que nous avons dénoncé auprès de la Commission à maintes reprises sans être entendus. De nombreuses organisations juives et des dirigeants juifs et chrétiens ont protesté vigoureusement. Nous sommes confrontés dans ce cas à un vandalisme d’État et la petite communauté juive de Lituanie sous pression ne peut plus réagir de manière appropriée. Au lieu de protester cette fragile communauté a cédé la semaine dernière en licenciant son Grand Rabbin qui avait condamné la profanation du cimetière en se référant aux lois Juives comme sa fonction l’y obligeait. D’autres ont protesté aussi comme le Rabbin Chaim Burshtein un survivant de la Shoah, un pasteur chrétien, un urbaniste, et beaucoup d’autres.
Ce cimetière est le plus ancien et le plus grand à Vilnius (historiquement Vilna, connue depuis des siècles comme la «Jérusalem de Lituanie») ; il a été créé au XVe siècle et a été utilisé jusqu’à sa fermeture par les autorités tsaristes en 1831. Connu dans la tradition juive et locale comme le cimetière de Piramónt, le site se trouve aujourd’hui dans la banlieue de Šnipiškės près la rivière Neris. Dans les années 1945 à 1950, les autorités soviétiques ont détruit une partie du cimetière en pillant des pierres tombales pour les utiliser comme matériaux de construction. Les Soviétiques y ont construit le stade Žalgiris, puis en 1971 le Palais des Concerts et des Sports.
Au début de 2015, il est apparu qu’il y avait un plan pour construire un Centre des Congrès pour un coût de 22,8 millions d’euros au milieu du cimetière près du Palais des Sports soviétique qui est devenu une épave. Le Premier ministre a indiqué que cela pourrait être suivi par la construction d’un Parking et d’un Hôtel. La sonnette d’alarme a été tirée en Avril 2015, lorsque un groupe de rabbins de Londres (dont Wikileaks a révélé qu’ils avaient été payés), auraient accepté de superviser le plan de construction en violation des règles rabbiniques et du droit international. Le premier Ministre aurait reçu personnellement ce groupe de rabbins. Une semaine plus tard les détails du financement du projet ont été publiés comprenant treize millions d’euros de fonds structurels de l’Union européenne.
Cela a provoqué une vive émotion de dirigeants juifs et chrétiens à Vilnius, et dans le monde lorsque la profanation du cimetière par la construction du Centre des Congrès devenait réalité. Ainsi des activités les moins respectueuses pourront avoir lieu au dessus des restes de personnes enterrées ou à proximité de leurs tombes. Pour ces personnes qui ne reposeront plus en paix, leurs familles avaient pourtant payé des parcelles à perpétuité. Mais les descendants de ces personnes ne sont plus là pour défendre leur repos eternel notamment parce qu’ils ont été victimes de la Shoah.
Il avait été admis qu’aucun plan de construction ne serait plus jamais envisagé sur le sol des cimetières chrétiens lituaniens et la profanation du cimetière juif est donc un acte de discrimination.
Nous demandons à la Commission européenne de fermement exiger de la Lituanie que le Centre des Congrès soit construit sur un autre site de Vilnius et ainsi ce Centre pourra être une source de fierté et non pas de honte.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération respectueuse.
Didier BERTIN
© Didier Bertin pour Europe Israël News

Histoire

Shoah et naqba dans un même livre !






L’Institut Van Leer de Jérusalem consacrera dans deux semaine une soirée à la sortie d’un livre controversé intitulé « Shoah et naqba, souvenir, identité et destins communs juif et arabe », édité en collaboration avec les éditions Ha-Kibboutz Ha-Meouh’ad. Le livre, qui est un collectif d’universitaires de divers domaines entend montrer comment les deux événements ont modelé l’identité israélienne et arabe palestinienne, et étudie des pistes de réflexion communes entre Israëliens et Arabes palestiniens.

Le mouvement estudiantin Im Tirtsou a envoyé une lettre au Prof. Ouzi Shavit, directeur-général des éditions Ha-Kibboutz Ha-Meouh’ad lui demandant d’annuler sa participation à la soirée prévue. La lettre dit notamment: « Cette comparaison dans un même livre constitue une insulte aux survivants de la Shoah, car elle met sur un même plan une tragédie dans laquelle des millions de Juifs, hommes, femmes, vieillards et enfants ont été massacrés, gazés, brûlés ou enterrés vivants et la défaite d’armées arabes qui voulaient étouffer dans l’oeuf l’Etat d’Israël. Considérer ces deux événements historiques comme des catastrophes identiques est une honte ainsi qu’une insulte à l’intelligence et à la morale ».

Im Tirtsou exprime aussi son étonnement que le mouvement kibboutzique puisse ainsi avoir accepté de publier un tel livre, lorsque l’on sait comment des membres illustres du Hashomer Hatzaïr ont combattu les nazis dans les ghettos.

Le mouvement a aussi adressé une lettre à l’Institut Van Leer afin que cette soirée soit annulée. La direction de l’institut a indiqué qu’elle maintiendra la soirée et précisé « que le livre n’établit pas une équivalence entre les deux événements mais tente de voir comment ils ont contribué à façonné les deux identités nationales et contribuera peut-être les uns à mieux comprendre les autres »…



lundi 24 août 2015

Memory

German Memorials Reveal Clash Between Holocaust Guilt and Anti-Zionism





Germany is known for a strong state-level commitment to atoning for its Holocaust past, manifested through formal ceremonies, museums, and monuments. At the same time, in a seemingly growing trend, the extremist anti-Israel analogy of the Israeli government to the Nazi regime can often outweigh Germans’ Holocaust guilt.

Earlier this summer, a debate engulfed the German city of Munich over whether to embed the “Stolpersteine”— plaques naming Holocaust victims that are also known as “stumbling block” memorials — into street sidewalks. In July, Munich’s city council voted to ban the memorials due to complaints that stepping on such stones would be an insult to Holocaust victims.

According to reports, some representatives of the Stolpersteine initiative, which exists in multiple other German cities, have exhibited anti-Israel sentiment. For instance, in the city of Kassel, one organizer said in 2014 that “death is a master today from Israel” and that there should be “stumbling blocks” for murdered Palestinians.

Many German intellectuals and populist politicians “have adopted the European trend that demonizes Israel and repeats the Palestinian victimization narrative,” Prof. Gerald Steinberg, head of the Jerusalem-based NGO Monitor research institute, told JNS.org.

This also extends to education. A study published in June by a joint Israeli-German commission, reported by the daily newspaper Tagesspiegel, showed that some German school books present an image of Israel as an aggressive and warmongering country. The books that were examined made partisan representations of the Israeli-Palestinian conflict and included “tendentious and one-sided photographic presentations” of Israeli soldiers inflicting violence on Palestinians, among other biased aspects, according to the study.

Steinberg explained that for some Germans, “the image of Israelis as ‘war criminals’ like the Nazis offsets the unimaginable horror of the Shoah (Holocaust), and of German guilt and moral responsibility.”

Back in 2011, the German Holocaust foundation Remembrance, Responsibility, Future (EVZ) was shown to have financed student exchange programs in which Israel was equated with the former East Germany and its repression, and through which students published controversial cartoons of Jews.

EVZ also financed a program at an Anne Frank School in which a Holocaust survivor told students that Israel is a “criminal state,” NGO Monitor revealed. In such cases, said Steinberg, those seeking to manipulate students “use a fringe [anti-Israel] Jew or Israeli… as a fig leaf.”

Additional evidence for this phenomenon came in a January 2015 survey by the Bertelsmann Foundation, which revealed that 58 percent of Germans said the Holocaust should be left in the past. Forty-eight percent said their opinion of Israel is poor and 35 percent said they see Israeli policies toward the Palestinians as equal to the Nazis’ policies toward Jews. The latter figure was 30 percent in a similar study in 2007, the Times of Israel reported.

Peter Ullrich, a sociologist at Technische Universität Berlin (Technical University of Berlin), told JNS.org that “for people who need national identification as a source for personal wellbeing and pride, and on a collective level for the ‘nation’ while pursuing its interests, being confronted with [that nation’s own] crimes is always a moral threat.”

In Germany, “two extremes of handling this specific German post-fascist situation have developed and often compete with one another or co-exist,” said Ullrich. On the one hand, there is a tendency to “strongly identify with the [Holocaust’s] victims or with those perceived as their equivalent,” he said.

This mindset may help explain the German government’s construction of memorials and holding Holocaust commemorations, paying reparations to the victims and their descendants, as well as the government’s condemnation of anti-Semitism. It can also serve to elucidate Germany’s tendency to officially support Israel, with Chancellor Angela Merkel saying in May that her country has a “special obligation” to do so.

But this type of discourse can be “morally ambiguous,” Ullrich said, because it has sometimes resulted in people “turning around anti-Semitic prejudice into the opposite” by taking a stereotype like the Jewish haggler and converting it into a positive image like a “very good businessman.”

On the other hand, there is “the so called post-Holocaust anti-Semitism, which downplays or denies German guilt,” according to Ullrich.

“Both options result in the same: they seem to prove that you’re on the good side” and “serve a purpose for those who campaign for it,” yet they also “deny complexity,” he said.

In a 2013 scholarly paper titled “Antisemitism, Anti-Zionism and Criticism of Israel in Germany,” Ullrich explained that beginning in 1960s Germany, “the [political] left demonized Israel, often equating it with National Socialist Germany.” But today, he wrote, “we only find traces of such hatred” on the “very fringes” of the Left.

NGO Monitor’s Steinberg cited some politicians from Germany’s Green Party and Die Linke, as well as German far-Left members of the European Parliament, who have promoted the analogy of Israel to the Nazis. But other politicians, such as Green Party MP Volker Beck, have strongly opposed that comparison.

These days in Germany, in between the pro-Israel camp and the anti-Zionists at both ends of the spectrum, there is a moderate societal majority that tends to criticize both Israel and the Palestinians, Ullrich told JNS.org.

Ullrich also warned against the tendency to trace all criticism of Israel to latent guilt over the Holocaust.

“To remember the Holocaust is necessary, and there is no excuse for denying or downplaying or getting rid of remembering it. There is much proof that some people play that out by bullying Israel,” he said, but added that “the whole discursive field is much more complex” and that criticism of Israel can have different roots.

Yet according to Austrian-born Holocaust and anti-Semitism scholar Dr. Manfred Gerstenfeld, the phenomenon of “Holocaust Inversion” is more widespread in Germany than meets the eye. In a recent op-ed for Israel National News, Gerstenfeld wrote that manipulation of the Holocaust narrative has become “a mainstream phenomenon in the European Union,” and that specifically in Germany, a number of studies such as the Bertelsmann survey have demonstrated “the presence of large numbers of Holocaust inverters.”

Another such study, conducted by the German Social Democratic Friedrich Ebert Foundation, showed that in September 2014, 27 percent of Germans agreed with the statement, “What Israel does today toward the Palestinians is no different than what the Nazis did toward the Jews.”

Benjamin Weinthal, a fellow for the Foundation for Defense of Democracies think tank, wrote in a Jerusalem Post op-ed this month that German Holocaust memorials have taken “bizarre new directions.”

“Like other Holocaust memorials, the Stolpersteine project also functions, one can argue, as a kind of phony resistance to Germany’s Nazi past. … There are no memorials in Germany for Palestinian, Hezbollah, and Iranian lethal anti-Semitism committed against Jews and Israelis. When an attempt was made years ago to show Israeli victims in train stations, there was an uproar and the plan was quashed.”

The trend, he wrote, marks a “fitting update” to the famous sarcastic quote from Israeli psychoanalyst Zvi Rex that “the Germans will never forgive the Israelis for Auschwitz.”