dimanche 31 août 2014

Histoire

 Kafka. Poète de la honte


Éditions du Seuil, 2014




Présentation de l'éditeur :

Kafka. Poète de la honte est l’occasion pour Saul Friedländer de se pencher sur la vie du célèbre écrivain qui, comme lui, a grandi à Prague. L’historien fait de Kafka le poète de ses égarements, luttant toute sa vie contre le poids de la honte et de la culpabilité ? une lutte dont les traces sont bien visibles dans ses lettres et son journal comme dans ses œuvres de fiction.

« Très tôt, écrit Saul Friedländer, Kafka dut saisir à quel point il était différent d’une grande partie de son entourage, qu’il s’agisse de sa libido ou de sa puissance d’imagination et de création. En apparence, il s’adaptait : à un entourage familial qu’il ne quittera pour de bon qu’un an avant sa mort ; aux codes réglementant ses liaisons avec les femmes et ses prétendus projets de mariage ; à sa carrière d’employé modèle dans une compagnie d’assurance. Autant d’arrangements à multiples facettes qui, à divers degrés, lui faisaient horreur. Et tandis qu’il jouait pleinement son rôle dans le monde, il cherchait à s’en protéger en le sabotant avec acharnement dans ses textes. »

Prenant délibérément à contre-pied la biographie-hagiographie de Max Brod, l’ami et exécuteur testamentaire de Kafka, Saul Friedländer plaide pour une lecture non censurée des textes. Son interprétation audacieuse est aussi l’une des meilleures invitations à lire et à relire l’un des plus grands écrivains du XXe siècle.

Saul Friedländer est sans aucun doute le plus grand spécialiste de la Shoah et du nazisme. Aujourd’hui professeur émérite à UCLA (Los Angeles), il est notamment l’auteur deL’Allemagne nazie et les Juifs (Seuil, 1997 et 2008, prix Pulitzer).



  • Ce qu'en pense Anette Wieviorka ( pour le magazine L'Histoire ) :


Saul Friedländer délaisse ses recherches sur l'Allemagne nazie pour un essai sur l'écrivain. Qui est aussi une plongée dans le monde des juifs de Prague.

Le nazisme et la persécution des juifs représentent pour Saul Friedländer l'oeuvre de toute une vie (voir en particulier les deux volumes de L'Allemagne nazie et les juifs, traduits au Seuil en 1997 et 2008). Son dernier ouvrage constitue dans ce parcours un pas de côté. Il ne s'agit pas en effet à proprement parler d'histoire, mais de littérature, avec un éclairage original sur l'oeuvre de Franz Kafka : ce « poète de son propre chaos » dont Saul Friedländer a une connaissance intime.

Pourtant, les liens avec les recherches de l'historien sont nombreux. Biographiques d'abord : « Le monde de mes pères fut celui des juifs de Prague », souligne Saul Friedländer, né en 1932 dans la capitale tchécoslovaque. Son père étudia à la même université que Kafka et exerça, avant son exil pour la France en 1939, la même profession que lui, dans les assurances. La prédilection de Saul Friedländer pour Kafka « s'est probablement nourrie de ces liens cachés, redécouverts au fil du temps ». Mais ont sans doute compté également l'intérêt pour la psychanalyse de l'auteur de Histoire et psychanalyse (Seuil, 1975) ainsi que le goût pour la littérature de celui qui publia Reflets du nazisme (Seuil, 1982) : l'une et l'autre nourrissent cette biographie.

Saul Friedländer part ici d'une hypothèse : « L'impact des relations avec sa famille, son attitude vis-à-vis de l'identité juive, les influences politiques, sociales, intellectuelles et surtout littéraires sur ses écrits doivent être analysées en tant que telles. » Son essai développe chacun de ces aspects de l'oeuvre de Kafka. Il nous introduit dans le monde des juifs de Prague en proie à des violences et des discours antisémites, notamment à ceux décrivant le corps masculin juif comme efféminé, faible, stérile et qui alimentent la honte de Kafka envers son propre corps.

Kafka n'adopte aucun des choix de sa génération : ni, comme le fait Max Brod, le sionisme, ni le retour au judaïsme de Martin Buber, ni la totale extinction de « l'identité du juif, l'autosacrifice de la judéité ». Mais il ne croit pas davantage appartenir à la culture allemande.

Les spécialistes de Kafka trouveront certainement dans cet essai original de nouvelles perspectives, notamment dans la critique que fait Saul Friedländer de certaines assertions de Max Brod et de la censure qu'il a effectuée sur plusieurs textes de l'écrivain. Les lecteurs familiers de l'oeuvre de Saul Friedländer, notamment de Quand vient le souvenir... (Seuil, 1978) ou de L'Allemagne nazie et les juifs, y retrouveront aussi la petite musique désespérée de l'historien. Dans le monde de Kafka, « tous les principaux personnages, humains ou animaux, tendent vers un but inaccessible et leurs grandes espérances finissent par être broyées [...] ce sont les personnages, et nous-mêmes à travers eux, qui ne parviennent pas à démasquer les puissances réduisant à néant l'espérance humaine, la somme symbolique de tous les espoirs humains ».

samedi 30 août 2014

Histoire

Les femmes dans le système nazi


mensuel n°403 daté septembre 2014



Exclues des organes dirigeants du parti nazi, les Allemandes ont longtemps fait figure de victimes d’une société masculine et totalitaire. Aujourd’hui, leur rôle dans la machine génocidaire est réévalué. Surveillantes dans les camps, épouses d’officiers SS, infirmières envoyées à l’Est, elles furent des milliers à contribuer à la mise en place du système nazi. 

À l’occasion de la sortie des Furies de Hitler de l’Américaine Wendy Lower (Tallandier) le dossier est ouvert. Voir ici ...


Pas tout à fait sans voix. La République de Weimar leur avait donné le droit de vote : elles furent près de 7 millions, autant que d'hommes, à plébisciter Hitler aux élections décisives du 31 juillet 1932.

Nazies convaincues ou femmes ordinaires dévoyées, 20 millions d'allemandes ont contribué à faire fonctionner la machine. 

De quoi nous rappeler que, pour le meilleur comme pour le pire, nos sociétés humaines sont des sociétés mixtes.


vendredi 29 août 2014

Mémoire

Enseigner la Shoah aux enfants




" Que la fête commence ", un livre australien célèbre et controversé, pour enfants, soulève des questions sur l'enseignement de la Shoah.




Let the Celebrations Begin has all the hallmarks of a successful children’s picture book: simple language with just the right amount of repetitive phrasing, watercolor illustrations, grumpy-yet-charming elders, and wide-eyed children who must learn to accept the difficult realities of their small universe. But—to paraphrase that very Jewish question—there’s one thing that makes this picture book different from all other picture books: The story takes place in a concentration camp on the eve of liberation, and all the characters are starving.
The book was originally published to great acclaim, and some controversy, in Australia in 1991, when I was growing up in Melbourne. Author Margaret Wild and illustrator Julie Vivas are both beloved and prolific contributors to the corpus of Australian kid-lit. There’s not a bookseller Down Under who doesn’t recommend Wild’s Harry & Hopper; and Possum Magic, illustrated by Vivas, is the country’s unofficial national picture book.
There was a copy in my school library, which I read many times; I must have been around 9 when I first read it, and I returned to it often as a teenager. Let the Celebrations Begin has been out of print in the United States for over a decade, but this September it will be republished. (Which is great, because it means I can finally stop scouring secondhand bookstores for battered, decommissioned library copies.) But even after more than 20 years, the book still raises the same questions it did when it first came out: How young is too young to learn about the Holocaust? And how frank and explicit can a book about the Holocaust be while still being appropriate for children ?

jeudi 28 août 2014

Histoire

L'Espagne dépoussière son patrimoine juif





Au pied des murailles du 11ème siècle qui ceignent la ville d'Avila, dans le centre de l'Espagne, des rangées de blocs de granit sur une pelouse méticuleusement tondue marquent l'emplacement d'un ancien cimetière juif.

Une plaque explique, en espagnol et en anglais, que les tombes furent détruites lorsque les Rois catholiques, Isabelle de Castille et Ferdinand d'Aragon, voulant unifier la péninsule sous la bannière du catholicisme, ordonnèrent en 1492 l'expulsion de tous ceux qui refuseraient de se convertir.

"Nous ne pouvons pas ignorer cette réalité: beaucoup de gens, dans le monde entier, ont leurs racines ici, en Espagne, à Avila, et leurs ancêtres furent forcés de partir", explique le maire de la ville, Miguel Angel Garcia Nieto.

"Nous savions qu'il y avait ici un cimetière juif et nous avons décidé de le mettre en valeur, afin de signaler, pour toujours, qu'ici sont enterrés de nombreux citoyens juifs, qui habitaient la ville", poursuit-il.

- Tolède, Séville : riche empreinte -

La mairie a investi 250.000 euros dans la construction de ce mémorial. Comme à Avila, de nombreuses villes espagnoles recherchent aujourd'hui les vestiges de ce passé, tentant de retrouver synagogues médiévales, cimetières ou emplacements des anciens quartiers juifs.

Selon les historiens, 200.000 Juifs au moins vivaient en Espagne avant les expulsions de 1492. Science, musique, littérature: vivant aux côtés des Catholiques et Musulmans de l'Espagne médiévale, les Juifs ont laissé leur empreinte dans l'héritage du pays, particulièrement riche dans des villes comme Tolède et Séville. Parmi ceux qui refusèrent de se convertir ou de fuir après l'ordre lancé par les Rois catholiques, beaucoup furent envoyés au bûcher.

Cela fait près de vingt ans que 24 villes, associées dans le Réseau des quartiers juifs d'Espagne (Red de Juderias), tentent de retrouver et de promouvoir leur héritage. Le réseau travaille depuis deux ans en partenariat avec Turespaña, l'organisme public chargé de la promotion du tourisme en Espagne, dans plusieurs pays comptant d'importantes communautés de Juifs séfarades, originaires de la péninsule ibérique, comme l'Argentine, le Brésil, le Mexique ou les Etats-Unis.

Depuis peu, leurs efforts se sont vu renforcés par une initiative inédite en Espagne: désireux de réparer "une erreur historique", le gouvernement conservateur a adopté en juin un projet de loi facilitant la naturalisation des descendants des Juifs séfarades expulsés en 1492.

- Restaurer la mémoire -

Mais pour certains, les efforts de l'Espagne et de ces villes visent à attirer la manne des touristes étrangers plutôt qu'à rendre hommage à leur patrimoine juif.

"La composante économique joue ici un rôle essentiel, car s'il s'agissait réellement de redonner sa place au passé, on en ferait plus que simplement restaurer quelques vieux immeubles et ruelles", déclare Michael Freund, chroniqueur au Jérusalem Post.

"Il faudrait dans ce cas restaurer la conscience nationale et la mémoire. On enseigne très peu de choses sur l'Inquisition, qui cherchait à chasser et persécuter les Juifs, dans les écoles espagnoles", ajoute-t-il.

D'autres critiques dénoncent la volonté d'attirer les touristes vers d'anciens quartiers juifs où il ne reste plus rien, des cimetières à l'emplacement incertain et d'anciennes synagogues qui n'existent plus que dans l'imagination.

À Avila, un petit hôtel dont chacune des 21 chambres porte le nom de penseurs juifs s'élève sur le site de ce qui a pu un jour être une synagogue. Et deux petits immeubles privés sont construits sur l'emplacement des deux autres synagogues de la ville sans que rien, ou presque - quelques discrets panneaux dans la rue - ne signale leur passé comme lieux de culte.

"Dans certaines villes, les maisons ne sont plus là, les rues ne sont plus là", reconnait Assumpcio Hosta, secrétaire générale du Réseau des anciens quartiers juifs d'Espagne. "Mais il existe en revanche de nombreux documents intéressants datant de cette époque. On ne peut pas dire que ces villes n'ont pas d'histoire, juste que leur histoire n'est pas toujours visible."


Histoire

Roman Vishniac 

Archives maintenant disponibles en ligne


Les archives numérisées présente des images emblématiques de la vie juive d'avant-guerre en Europe.






Roman Vishniac’s photographs are some of the most well-known images of pre-war Jewish life in Europe. Now, an extensive archive of his work spanning six decades is available online, the fruits of a partnership between the International Center for Photography, which holds the Vishniac archive, and the U.S. Holocaust Memorial Museum.
According to a statement from the Museum, the digitized archive includes all of Vishniac’s 9,000 negatives—most of which have never before been printed or published.
“Our shared goal is to make the images available for further identification and research, deepening our knowledge of Vishniac’s work and the people and places he recorded in his images,” Mark Lubell, ICP’s executive director, said in the statement.
“This project will introduce many people to one of the 20th century’s preeminent photographers while greatly increasing our understanding of his subjects,” Michael Grunberger, director of collections at the United States Holocaust Memorial Museum, added.
Vishniac’s legacy looms large in the Jewish cultural canon, and not for entirely the right reasons. As Tablet’s editor-in-chief Alana Newhouse wrote in the New York Times Magazine in 2010, many of Vishniac’s photographs of pre-war shtetl poverty—and their captions—are misleading without their wider context, much of which has only recently been discovered thanks to the work of the ICP’s Maya Benton.
That’s why the collaboration is so exciting. It combines the ICP’s vast archival material with the museum’s resources, adding information and context to the photographs. The image pictured above, for example, includes Marion, Renate, and Karen Gumprecht, three sisters famously featured in a Vishniac photograph from 1941. But this photo, which wasn’t taken by Vishniac, is from the museum’s own collection and shows the girls with their family in Hamburg before they left for the United States in 1941. On the far left is the girls’ father, who was unable to leave with the rest of the family and died in the Minsk ghetto.
You can view the archive here.


Related: Out of Focus

mercredi 27 août 2014

Mémoire

Le dernier passeur




Hommage - Le 13 septembre, la vallée de Joux inaugurera un monument dédié aux héroïques passeurs de la Seconde Guerre mondiale. Au péril de leur vie, des anonymes ont sauvé des centaines de personnes, principalement des juifs.

Rencontre avec Bernard Bouveret, le dernier survivant.

Cest le dernier témoin, le tout dernier survivant. Il a fait partie de cette « armée des ombres », comme l'avait appelée Kessel, de ces anonymes qui ont résisté. Et qui, au péril de leur vie, ont sauvé des dizaines de personnes durant la Seconde Guerre mondiale, principalement des juifs, les faisant passer à pied à travers champs, pâturages et forêts, de la France occupée vers la Suisse, dernier pays libre à l'abri des bottes hitlériennes. C'était il y a soixante ans. Mais pour Bernard Bouveret, dernier membre encore en vie du réseau du Risoux, du nom du massif longeant la frontière, les souvenirs ne se sont pas estompés. «Ça ne peut pas s'oublier», murmure cet ancien forestier qui, à bientôt 90 ans - il les fêtera le 28 octobre prochain - est toujours en parfaite forme physique et d'une vitalité d'esprit hors du commun.

Au départ, il n'était pas mieux qu'un autre, assure-t-il, il aurait pu choisir le mauvais camp comme bien des infortunés à l'époque, si un soldat allemand n'avait un jour déchiré rageusement le petit drapeau tricolore qu'il arborait sur son vélo, en le provoquant dans une langue de Molière approximative, assenant: « France, fini, Allemagne, maintenant. » C'est à ce moment précis, de cette humiliation perverse, qu'est né ce sentiment patriotique et son besoin profond « de faire quelque chose ». Bernard n'avait pas encore 16 ans, en 1940, et les nazis venaient de s'installer dans son village de Chapelle-des-Bois (Doubs).

Prendre tous les risques

Comment oublier ?  Comment chasser de son esprit ces heures noires où, la peur au ventre, quelques hommes plus courageux que les autres, héroïques au vrai sens du mot, n'hésitaient pas à prendre tous les risques pour sauver des vies, faisant ce qu'ils pensaient devoir faire, sans jamais rien demander en retour ? Pour Bernard Bouveret, qui devint un des agents les plus actifs du réseau de Fred Reymond, des services de renseignement suisses, les fameux SR, cela semblait juste aller de soi. «J'étais parti un soir chercher du pain de l'autre côté et, au cours d'un pique-nique, un copain m'a demandé de participer au service de renseignement. Au retour, mon choix était fait. Dès lors, je n'ai plus arrêté de faire le trajet, environ deux fois par semaine», se souvient Bernard. À chaque mission, il a bravé l'impossible. D'un geste, il désigne le chemin qu'il empruntait le plus souvent, toujours à la tombée de la nuit, pour rencontrer son correspondant dans le canton de Vaud, au Sentier. Trois kilomètres bien raides, qu'il accomplissait en deux heures, quand tout allait bien, déjouant les patrouilles allemandes. «Au début, je transportais des informations, puis des lettres, puis des gens», résume-t-il. Dès qu'il a commencé à faire passer des résistants, des agents ou des juifs, le temps de la traversée s'allongeait un peu, par la force des choses. Il y avait des femmes avec leurs enfants, des vieillards, des personnes souvent malades. Et toutes ces valises, contenant toute une vie, qu'il fallait bien transporter. «Ils ne disaient presque rien, on parlait peu», lâche l'ancien résistant. Bernard n'a pas tenu de comptabilité, il ne peut dire avec précision combien de personnes ont été sauvées par ses camarades et lui.

Plusieurs dizaines, assurément. À quelques reprises, il réchappe avec une incroyable baraka à des balles tirées par des patrouilles allemandes. Mais l'autre côté, en Suisse, ne fut pas toujours l'eldorado promis non plus pour ceux ayant eu la chance de passer: du bout des lèvres, Bernard évoque des comportements qui n'ont rien de très glorieux, comme ces refoulements par des douaniers suisses pour qui le mot désobéissance n'avait aucun sens. Cela fait partie aussi de la vérité historique, souvent occultée.

Arrêté par la Gestapo

Le 6 avril 1944, Bernard et son père sont arrêtés par la Gestapo. Ils passent un mois en prison à Dijon, gardent l'espoir, se disent que tout cela ne va pas durer, que les armées alliées avancent. Mais on les déplace. Direction l'Allemagne, dans le tristement célèbre camp de concentration de Dachau, près de Munich, où ils passent plus d'une année, travaillant douze heures par jour à la construction de moteurs d'avion.

Comment exprimer l'impensable? L'ancien résistant en parle dignement, sans pathos, détaillant ce qu'il a vu et vécu. Des images à faire froid dans le dos. On se demande comment il a pu traverser tout ça sans devenir fou. Il évoque ces corps décharnés morts de faim, de froid, usés par le travail, qu'on l'envoyait avec d'autres chercher avec une carriole en bois, au petit matin, à travers le camp, et déposer devant les fours crématoires qu'il a vus fonctionner. Il raconte ces pendaisons publiques, devant tous les prisonniers réunis, que l'on faisait subir aux «saboteurs», évoquant ces condamnés qu'on devait traîner jusqu'à la potence, rongés par la peur de la mort. Lui et son père s'en sont sortis, miraculeusement, à l'arrivée des Américains le 30 avril 1945.

Aujourd'hui, Bernard est veuf de Jeannette, une femme qu'il a aimée toute sa vie, décédée il y a dix ans, lui donnant quatre enfants, mais il est aussi le grand-père heureux de onze petits-enfants et six arrière-petits-enfants. Officier de la Légion d'honneur, médaille de la France libre, médaille de la Résistance, notamment, il ne compte plus les distinctions. Manque la médaille de Juste parmi les nations, décernée par l'état d'Israël. On l'a demandée pour lui, mais il ne l'a pas obtenue: il faut pour cela prouver avoir sauvé au moins deux juifs, ce qu'il lui était impossible de faire. «Je ne leur demandais pas leur nom, moins on en savait, mieux c'était si on se faisait arrêter», explique-t-il, sans rien cacher de sa peine. «Enfin, on n'a pas fait ça pour avoir des médailles», chuchote-t-il, le regard un peu las.


Source : l’illustré 27 août 2014

Histoire

Sweden : 80 Bells Will Toll in Norrkoping





La ville suédoise jouera le thème du film  " La liste de Schindler " avant et après une réunion publique d'un parti néo-nazi.


The town hall of a Swedish city will play the theme from the Holocaust film “Schindler’s List” before and after a public meeting of a neo-Nazi party.

The Party of the Swedes was scheduled to hold a public rally in Norrkoping, in central Sweden, on Tuesday.

The local ruling and opposition political parties allowed the town hall to play the music from the Steven Spielberg film on the 80 bells in its tower, thelocal.se website reported Tuesday morning.

Over the weekend, a Party of the Swedes rally in Malmo led to clashes between counterprotesters and police; 10 people were injured. About 1,500 counterprotesters gathered at the site of the rally. Some threw smoke bombs and fire crackers while shouting “No Nazis on our streets,” according to The Local newspaper. The police horses trampled some counterdemonstrators.

Three people were arrested in connection with the violence in a city that annually experiences several dozen anti-Semitic incidents.

On Sunday in Gothenburg, the second largest city in Sweden, some 2,300 counterdemonstrators gathered to protest meetings of the neo-Nazi party, during which some threw fermenting fish at the meeting participants.


http://forward.com/articles/204738/swedish-town-mocks-neo-nazis-with-schindler-theme/?utm_source=Sailthru&utm_medium=email&utm_term=The%20Forward%20Today%20%28Monday-Friday%29&utm_campaign=Daily_Newsletter_Mon_Thurs%202014-08-27

Histoire

Les derniers juifs quittent la Norvège





Les 819 derniers  juifs de Norvège sont en train de quitter le pays. Ce qu’ Hitler n’a pas réussi, il semble que les Musulmans sont sur le point de réussir !

Dans quelques semaines, la Norvège sera « Judenrein » ( sans juifs). Les 819 derniers juifs vivant encore en Norvège sont en train de quitter le pays en raison de la montée de l’antisémitisme. Ainsi, la Norvège est le premier pays européen dans lequel les Juifs ne peuvent plus vivre. Une évolution similaire peut être observé dans tous les pays européens. Les Juifs d’Europe sont soumis à des manifestations antisémites quotidiennes. Le journal norvégien «Aftenposten» a rapporté en Février 2013 sur le départ des Juifs du pays.  Anne Sender, le chef de la communauté juive en Norvège, a dit: «  beaucoup d’immigrants ont apporté l’antisémitisme de leurs pays, une honte dont personne ne parle.»

Les vagues d’immigrants musulmans ramènent l’antisémitisme en Europe. Une évolution similaire se déroule dans le pays voisin, la Suède, mais aussi dans tous les pays européens. Les musulmans chassent les Juifs du monde entier. L’agence d’information, Kopp Exklusiv, est l’une des rares à parler de ce sujet. Cela commence en France. Pas une journée ne se passe sans attaques musulmanes de Juifs. La presse ne les signale qu’à peine, il y a beaucoup d’incidents. Au cours des cinq premiers mois de 2012, il y a eu 268 agressions contre les Juifs. La France, aujourd’hui, est un pays extrêmement antisémite. Le gouvernement socialiste sous la direction de François Hollande ne fait rien pour protéger les Juifs, bien au contraire. Les musulmans sont une partie très importante de l’électorat …..

Le 5 Juillet 2012, un jeune juif de 17 ans a été battu presque à mort près de Toulouse par deux musulmans d’origine nord-africaine, simplement parce qu’il portait une chaîne avec l’étoile de David. La police a été « incapable » de recueillir des preuves.

La situation n’est pas très différente en Italie. Chaque Juif doit craindre pour sa vie et vivre sous la protection d’une unité de sécurité.


mardi 26 août 2014

Mémoire

La chercheuse qui veut sauver la mémoire des musiciens persécutés par les nazis 





James Conlon, directeur de l’Opéra de Los Angeles, s’attache depuis plusieurs années à faire revivre des compositions de musiciens juifs réduits au silence par le régime nazi entre 1933 et 1945. Pour conserver et diffuser leur mémoire, en plus de produire leurs œuvres, il a également créé le site de l’OREL Foundation, sur lequel la chercheuse Carla Shapreau a récemment publié un article emblématique intitulé «La Société de droits d’auteur autrichienne et le blacklistage à l’ère nazi».

Cette avocate spécialiste de la propriété intellectuelle, chargée de cours à l’Université de Berkeley et fabricante de violons, dédie sa vie à documenter les persécutions dont ont été victimes les musiciens juifs sous le Troisième Reich et à traquer les instruments et les partitions qui leur ont été illégalement volés. En 2012 elle avait notamment retracé dans un article du New York Times l'histoire du violon Stradivarius offert par Goebbels en 1943 à la violoniste japonaise Nejiko Suwa.

Sur le site de l'OREL Foundation, elle relate sa découverte en 2012 lors d’une exposition à la bibliothèque de Vienne, d'un vieux carnet de 23 pages contenant 2.000 noms d’artistes affiliés à l’AKM (Société des Droits d’auteur Autrichienne).

500 d’entre eux sont barrés d’un trait rouge, rapporte le LA Times: des artistes juifs black-listés, que l’on a ainsi privés de royalties, et empêchés de se produire en Autriche et dans d’autres pays, dont les États-Unis (l’AKM avait des accords avec des sociétés de droits d’auteur américaines). Ce coup de stylo des autorités de la musique autrichienne constitue l’acte inaugural de la marginalisation de ces artistes, qui a mis un terme à leur carrière musicienne.

Pour James Conlon, interviewé par LA Times, le destin des compositeurs et des musiciens pendant l’Holocauste est «un sujet sur lequel il y a très peu de connaissance générale de ce qu’il s’est passé; nous essayons de l’ouvrir». Ce répertoire, d’abord découvert par les chercheurs autrichiens Christoph Lind et Georg Traska en 2010, en offre une possibilité unique.

«Nom après nom, ce petit mais non moins effrayant artefact de l’ère nazi barré de rouge était un prélude à la persécution des personnes du monde musical en cours en Autriche », écrit Carla Shapreau.
On y trouve par exemple le nom d’Eric Wolfgang Korngold, pionnier de la musique de film symphonique à Hollywood.

Certains des héritiers de ces artistes pourraient réclamer les royalties confisquées. Mais pour Carla Shapreau, ce répertoire «a plus de valeur en tant que testament d’une histoire tragique que comme levier pour ouvrir des poursuites sur des royalties confisquées», comme le relate LA Times.



Mémoire

Inde : réouverture du centre juif à Bombay, six ans après les attentats





Un centre juif de Bombay a rouvert mardi, pratiquement six ans après avoir été pris d'assaut lors des attentats de novembre 2008 qui avaient ravagé la capitale économique de l'Inde.

Le Chabad House avait été criblé de balles et le rabbin Gavriel Holtzberg et son épouse Rivka tués pendant le siège avec quatre autres personnes.

Dix hommes lourdement armés avaient semé la terreur à Bombay en novembre 2008 en s'attaquant à des hôtels de luxe, un café renommé et une gare au cours d'une série d'attaques qui avaient fait 166 morts.

L'immeuble de cinq étages rénové qui a rouvert mardi abrite une synagogue, une cafétéria, et une salle polyvalente destinée à la communauté juive. Aux deux derniers étages, qui doivent être transformés en musée, les traces de balles et de jets de grenade ont été laissés, en mémoire de la tragédie.

Dans la synagogue, des bougies marquent l'endroit où le rabbin Holtzberg a été tué et des photos de lui, de sa femme et de leur jeune fils qui a survécu ornent la cage d'escalier.

Le père du rabbin, Nachman Holtzberg, a estimé que cette réouverture marquait un "jour très spécial" pour lui et ses proches, entourés de rabbins venus de toute l'Asie et appartenant au mouvement juif orthodoxe Chabad-Lubavitch.

"Tout le monde se souvient de ce jour terrible lorsqu'est survenue la tragédie et que tout s'est arrêté", a-t-il dit aux journalistes.

Chabad House, niché dans une ruelle étroite du quartier animé de Colaba, avait été conçu comme un centre ouvert aux juifs en visite et à la communauté locale par les Holtzberg après leur arrivée dans la métropole indienne en 2003.

Le jeune fils de deux ans du couple avait été sauvé de la tuerie grâce à sa nourrice qui était parvenue à échapper aux assaillants et à sortir du centre.

Un bijoutier vivant à proximité, Chintan Sakariya, qui a vu les assaillants tirer en tous sens lors des scènes sanglantes de 2008, a fait part de sa "réaction mitigée" face à cette réouverture.

"Ils reviennent avec force et nous les soutenons", a-t-il dit. "Mais cela va créer beaucoup de désagréments pour les voisins, des mesures de sécurités, des blocages", a-t-il ajouté.

Le rabbin Israel Kozlovsky, nouveau codirecteur du centre avec sa femme Chaya, s'est dit "profondément ému" de reprendre ce poste, décrivant les Holtzberg comme "un modèle pour nous et un couple exceptionnel".

Les dix jeunes hommes qui avaient mené les attaques, imputées au mouvement islamiste Lashkar-e-Taiba basé au Pakistan, avaient atteint Bombay par la mer après avoir détourné un chalutier au large.

Le seul survivant du commando, Mohammed Ajmal Kasab, a été exécuté en 2012 par l'Inde.

Le Taj Mahal Palace, l'hôtel le plus connu de la ville visé dans l'attaque, avait rouvert ses portes en 2012 après des travaux d'un montant de 1,75 milliard de roupies (37,2 M USD).



http://www.lechorepublicain.fr/france-monde/actualites/a-la-une/international/2014/08/26/inde-reouverture-du-centre-juif-a-bombay-six-ans-apres-les-attentats_11120828.html