dimanche 21 septembre 2014

Histoire

Le terrible destin de la goûteuse d'Adolf Hitler





Agée aujourd'hui 96 ans, Margot Wölk, qui fût contrainte de devenir l'une des goûteuse d'Hitler, a raconté pour la première fois à la télévision allemande RBB son terrible destin au cours de la Seconde Guerre mondiale.

C'est un témoignage exceptionnel qu'a recueilli la chaîne berlinoise RBB et dont se fait l'écho The Independent. Margot Wölk, aujourd'hui âgée de 96 ans, a raconté son extraordinaire et terrible destin durant la Seconde Guerre mondiale au cours de laquelle elle est devenue, contre son gré, goûteuse d'Adolf Hitler.

Tout a débuté en 1941, lorsque l'appartement berlinois qu'elle occupait avec son mari, enrôlé dans l'armée allemande, a été bombardé. La jeune femme, seule, décide alors de se réfugier chez sa mère, en Prusse orientale, aujourd’hui le nord-est de la Pologne. Sans le savoir, elle se trouve tout près de la "tanière du loup", le quartier général d'Hitler sur le front de l'est où il passera une grande partie de la guerre.

Uniquement des plats végétariens

Il s'agit d'un bunker ultra-protégé dans une zone marécageuse et forestière. Margot Wölk, a 25 ans, au moment où elle est désignée, avec 15 autres jeunes femmes, pour goûter les plats d'Adolph Hitler obnubilé par sa sécurité. Une préoccupation néanmoins compréhensible au regard du grand nombre de tentatives d'assassinats dont il est la cible, comme celle du 20 juillet 1944 qui se déroulera au sein même de son antre prusse-orientale.

"Il y avait des rumeurs constantes sur le fait que les Britanniques cherchaient à empoisonner Hitler. Il ne mangeait jamais de viande. On nous donnait du riz, des nouilles, des poivrons, des pois et du chou-fleur", se souvient Margot Wölk. Hitler mangeait en effet exclusivement des plats végétariens. Effrayées à l'idée de mourir empoisonné, les jeunes testeuses fondaient en larmes quand elles se savaient hors de danger, une heure environ après avoir goûté les plats destinés au Führer. Jamais pourtant, elles ne verront celui pour qui elles sont forcées de jouer leurs vies.

L'enfer à Berlin

De ces camarades d'infortune, Margot Wölk est la seule survivante. Toutes les autres ont été tuées par l'armée rouge en 1945. Fin 1944, un officier nazi l'aide à s'enfuir par un train qui se rend à Berlin. Avec elle voyage le responsable de la propagande nazi, Joseph Goebbels, précise la survivante. Néanmoins, la jeune berlinoise n'en a pas fini avec la souffrance et la terreur. Violée une première fois à la "tanière du loup"par un officier nazi, Margot Wölk sera avec d'autres Berlinoises séquestrées et violées 14 jours durant par des soldats russes au moment de la capitulation de Berlin. Une terrifiante épreuve qui la laissera détruite et incapable d'avoir des enfants.

La guerre terminée, celle qui aurait pu partir en Angleterre retrouver un officier britannique qui l'avait aidée à se reconstruire, décide d'attendre l'hypothétique retour de son mari, Karl. Ce dernier réapparaîtra effectivement , méconnaissable, un jour de 1946 au seuil de son appartement après avoir été libéré d'un camp soviétique. Malgré leurs tentatives, le couple n'arrivera jamais à se reformer réellement et se séparera quelques années plus tard.



Histoire

Le Premier ministre juif de la Nouvelle-Zélande remporte un troisième mandat




New Zealand Prime Minister John Key, the son of a Jewish refugee from Europe, was returned for a third term as leader of the South Pacific island nation.

Key, whose mother Ruth Lazar escaped Europe on the eve of the Holocaust, won an emphatic victory Saturday, enabling him to form a government without relying on coalition partners.

His National Party is projected to win 61 seats in the 121-member parliament, crushing the opposition Labor Party in large part thanks to its strong handling of the economy.

“I believe the Jewish community will be pleased with the result of yesterday’s election,” said Alison Dyson, president of the Jewish Federation of New Zealand. “The election centered mainly around economic policy and John Key’s roots would not have been a major factor in the vote amongst Jews or others.”

She added: “John Key’s government has in the past shown greater sympathy to Israel and the Jewish community than the previous [Labor] government and during the most recent conflict with Gaza the foreign affairs department was not very outspoken and was reasonably balanced in their comments.”

Although the local community of 7,000-plus Jews has not been afflicted by anti-Semitism to the same degree as European Jews, Dyson added: “There is an elevated sense of risk and insecurity, fuelled by some local events here during the Gaza pro-Palestinian protests, and further heightened by the awareness of rising anti-Semitism elsewhere.”

During the election campaign, several billboards were daubed with anti-Semitic graffiti, with one board carrying the words “Lying Jew cocksucker” alongside a defaced image of Key with a black hat and side locks.

Key, who is not a practicing Jew, said at the time he was disappointed for the Jewish community. “[They] don’t deserve to be brought into some sort of personal campaign that’s directed at me.”

Around the same time, Steve Gibson, a Labor candidate, posted a Facebook message describing Key as “Shonky Jonkey Shylock … a nasty little creep with a nasty evil and vindictive sneer.”

The post was later deleted; Gibson apologized and was censured by the Labor leader.

Key’s victory comes just weeks after Israel rejected Wellington’s proposed non-resident envoy to Israel, Jonathan Curr, in a move met by surprise within the Jewish community.

Israel’s Foreign Ministry said it could not approve Curr because he is also being credentialed to the Palestinian Authority.


http://forward.com/articles/206095/new-zealands-jewish-prime-minister-wins-third-term/?utm_source=Sailthru&utm_medium=email&utm_term=The%20Forward%20Today%20%28Monday-Friday%29&utm_campaign=Saturday-and-Sunday_Daily_Newsletter%202014-09-21

Histoire

Un musée de Vienne restitue des oeuvres spoliées par les nazis





A Jewish museum in Vienna returned a painting that was seized by the Nazis in 1938 to the artist’s grandnieces on Friday, part of a wider move in Austria to deal with art illegally acquired after Germany annexed the country in 1938.

The 1922 work “The coffee hour. Fanny, the sister of the artist” by Jewish artist Jehudo Epstein, was handed to the granddaughter of the woman in the painting, Anne Starkey, who traveled from Britain to receive the piece, the museum said.

The painting was given to the Jewish Museum in 2010 and the museum’s own inquiry into its provenance found it should be returned to the painter’s heirs.

Epstein traveled to South Africa in 1934, leaving many of his possessions, including the painting, with a friend in Vienna. When the Nazis annexed Austria, Epstein stayed in exile in South Africa and the painting was confiscated by the Nazis.

Epstein died in South Africa in 1945.

Last year, Austria’s Der Standard newspaper reported that hundreds of books and works of art now in the Jewish Museum may have been stolen by the Nazis.

The museum is in discussion with other heirs of Epstein in a separate restitution case, the spokesman said.


http://forward.com/articles/206061/vienna-museum-returns-nazi-looted-painting/?utm_source=Sailthru&utm_medium=email&utm_term=The%20Forward%20Today%20%28Monday-Friday%29&utm_campaign=Saturday-and-Sunday_Daily_Newsletter%202014-09-20

vendredi 19 septembre 2014

Mémoire

La chasse aux nazis pourrait se poursuivre jusque dans les années 2040




Soixante-dix ans après la chute du Troisième Reich, les chasseurs de nazis continuent la traque. Et ce n'est pas près de s'arrêter... Selon le Washington Post, la chasse aux criminels de guerre hitlériens pourrait se poursuivre jusque dans les années 2040.
Alors que le mois d'octobre 2013 voyait s'éteindre l'ancien capitaine SS, Erich Priebke, âgé de 100 ans, le fondateur du Centre Simon-Wiesenthal (ONG qui tire son nom d'un chasseur de nazis), Rabbi Marvin Hier, estimait dans une interview accordée au New York magazineque des centaines de nazis expatriés vivaient aux Etats-Unis. 
« J’aurais plutôt dit des milliers, s'est-il rattrapé, mais étant donné que la plupart ont plus de 80 ou 90 ans, beaucoup ont dû mourir. Il est très difficile de donner une estimation précise. »
Il n'existe, en effet, aucun moyen de savoir précisément combien d'entre eux se cachent encore dans le monde, à plus forte raison depuis la modification des dispositions légales allemandes de dénazification qui rendent désormais plus faciles les arrestations et les jugements de criminels de guerre nazis et qui, parrallèlement, les incitent à mieux rester dans l'ombre.  
Toutefois, en se fondant sur la moyenne d'âge des plus jeunes nazis de l'époque, on peut avoir une idée de leur tranche d'âge actuelle. En 1947, un nazi jugé pour sa participation au massacre de Malmedy survenu trois ans plus tôt avait 16 ans au moment des faits et serait donc né en 1928.  
Efraim Zuroff, directeur du bureau israélien du Centre Simon-Wiesenthal israelien, expliquait lui aussi au New York Magazine:
«Il faut prendre en compte qu’il y a peut-être eu des dizaines de milliers voire des centaines de milliers d’hommes, et parfois de femmes, qui ont participé à des massacres alors qu’ils étaient encore relativement jeunes. Et grâce, ou à cause, des progrès de la médecine moderne, beaucoup peuvent vivre aujourd’hui jusqu’à 90 ans ou plus.»

 Certains Allemands de cette époque ont vécu plus d'un siècle, battant parfois des records du monde de longévité, comme Augusta Holtz, décédée à l'âge de 115 ans en 1986. Si par hasard un criminel de guerre nazi battait ce record, il survivrait jusqu'aux années 2040 (et s'il vit aux Pays-Bas, souligne l'article du Washington Post, il pourrait même accroître sa longévité d'une décennie de plus).


Histoire

Allemagne : un nazi complice d'au moins 300 000 meurtres





Le parquet de Hanovre a accusé un ancien officier SS d'Auschwitz de 93 ans de "complicité de meurtre dans au moins 300 000 cas".

La justice n'attend pas, enfin... presque. Le parquet de Hanovre a mis en accusation cette semaine un ancien gardien du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. Oskar Groening, qui est aujourd'hui âgé de 93 ans, est soupçonné de "complicité de meurtre dans au moins 300 000 cas", le nombre estimé de personnes qui seraient mortes dans les chambres à gaz entre le 16 mai et le 11 juillet 1944.

L'ancien officier nazi est l'un des rares Allemands qui reconnaissent avoir été présents dans le camp polonais. Son avant-bras gauche porte encore trace de son groupe sanguin, que se faisaient tatouer tous les membres des SS. Mais si cet amateur d'oiseaux avoue n'avoir jamais rien ressenti quand il voyait les files de juifs marcher vers les chambres à gaz, il nie avoir eu un lien direct dans leur disparition. Ce "comptable de la terreur", comme le décrit un journaliste de l'hebdomadaire Spiegel qui l'a longuement rencontré en 2005, avait pour mission de récolter et de renvoyer à Berlin l'argent liquide qui avait été pris aux prisonniers avant leur extermination.

Course contre la montre

Aujourd'hui retraité en Basse-Saxe, il arrive plutôt bien à dormir la nuit et raconte sa vie à Auschwitz, qui ressemblait à "une petite ville", avec son "magasin de légumes dans lequel on pouvait acheter des os pour faire de la soupe". Oskar Groening ne se décrit pas comme un SS assoiffé de sang, contrairement à certains autres militaires, capables de frapper "la tête d'un bébé contre le flanc d'acier d'un camion jusqu'à ce que le silence se fasse", comme il l'a raconté au Spiegel. La cour de Hanovre estime, elle, que cet ancien sergent peut être accusé d'avoir "aidé le régime nazi économiquement et soutenu les massacres systématiques". Le tribunal de Lüneburg doit désormais décider si elle doit entamer un procès. Mais le temps presse...

Le centre Simon-Wiesenthal, qui traque les nazis pour les amener devant la justice, estimait l'an dernier qu'à peine 2 % des 6 000 personnes qui ont travaillé comme gardiens dans les camps ou dans les unités mobiles d'extermination (Einsatzgruppen) étaient encore en vie. Et, sur ces 120 criminels de guerre, à peine la moitié d'entre eux peuvent être poursuivis, les autres étant trop malades pour supporter un procès. C'est donc à une véritable course contre la montre que se livre la justice actuellement.

Condamnations facilitées 

En juillet, un Américain de 89 ans né en Tchécoslovaquie, Johann Breyer, est mort quelques heures à peine avant qu'une cour de justice américaine n'annonce son extradition en Allemagne. Les juges outre-Rhin semblent bien décidés à rattraper le temps perdu pour traîner les criminels nazis devant les tribunaux.

Même s'ils sont imprescriptibles en République fédérale, les crimes contre l'humanité ne sont avérés que si des preuves irréfutables sont présentées aux magistrats. Mais le procès de John Demjanjuk en 2011 a changé tout cela en créant un précédent. Cet ancien garde du camp de Sobibor en Pologne a en effet été condamné à cinq ans de prison pour complicité dans l'extermination de plus de 28 000 juifs, alors que sa participation aux meurtres n'avait pas été prouvée. Cette décision a accéléré les procédures contre les autres criminels de guerre présumés. Mieux vaut tard...







jeudi 18 septembre 2014

Histoire

Journées du patrimoine 2014 

 Au cœur de l'ancienne gare de déportation de Bobigny ouverte au public exceptionnellement





On y accède par une porte dérobée, sur un pont de l'avenue Henri Barbusse qui mène à Drancy en Seine-Saint-Denis. Quelques marches descendues, une petite allée bordée d'une dense végétation traversée et nous voici au cœur de l'ancienne gare de déportation de Bobigny, d'où partirent 21 convois de juifs français vers Auschwitz-Birkenau entre juillet 1943 et août 1944.

Construit sur une zone de friche comme il en existe des dizaines dans le département, ce symbole de la déportation en France lors de la Seconde Guerre mondiale s'inscrit parfaitement dans le thème des 31e Journées européennes du Patrimoine, les 20 et 21 septembre: "Patrimoine culturel, patrimoine naturel".

Avant d'évoquer l'aspect nature du site, et en cette année de commémorations de "39-45" (70 ans du débarquement et de la Libération, 75 ans du début de la guerre), il faut s'imaginer, là, sur la grande dalle de béton face à la halle des marchandises, en train de fouler le sol où 22.407 juifs français posèrent le pied pour la dernière fois avant de gagner Auschwitz dans des wagons à bestiaux. En 1945, à la fin de la guerre, seulement 1759 d'entre eux survivront, dont des témoignages poignants sont retranscrits sur les murs de la gare :






Au total, près d'un tiers des juifs déportés de France vers Auschwitz partirent de la gare de Bobigny, quand les quelque 50.000 autres entamaient le périple de 53 heures vers la Pologne depuis la gare du Bourget-Drancy, trois kilomètres plus loin.

Depuis 2012, le site est accessible au public, uniquement lors de visites organisées. "Celui-ci reste hétéroclite: des groupes scolaires, des touristes, des Parisiens venus découvrir un lieu historique au-delà du périphérique et bien entendu des familles de déportés", énumère Anne Bourgon, chargée de mission patrimoine mémoriel à la ville de Bobigny.


mercredi 17 septembre 2014

Histoire

Procès d'Oskar Groening : combien de nazis encore en liberté ?





Entretien avec Serge Klarsfeld, historien et avocat de la cause des déportés juifs en France.

A 93 ans, Oskar Groening pourrait bien être un des derniers nazis à comparaître devant un tribunal. Déclaré apte à être jugé il y a quelques mois, ce gardien de camp à Auchwitz-Birkenau est accusé de « complicité de meurtre dans au moins 300 000 cas ».


Histoire

Canada : Deux noms de rues, deux passés controversés





Il y a un an, la Ville de Gatineau honorait, sans le savoir, la mémoire d'un antisémite notoire, en ayant une rue au nom de Philipp Lenard, dans le secteur du Carrefour-de-l'Hôpital. Douze mois plus tard, c'est en toute connaissance de cause que la municipalité continue de souligner la vie de cet homme.

En août 2013, Le Droit révélait aux résidents de la rue Philipp Lenard, l'identité réelle de ce physicien allemand, d'origine austro-hongroise, mort en 1947. Le scientifique est honoré au même titre que Paul Sabatier, Jean Perrin, Jules Bordet et Alexis Carrel dans le même développement domiciliaire érigé au début des années 1990. Ce sont tous des récipiendaires d'un prix Nobel entre 1912 et 1926.

Ce qui échappait au comité de toponymie avant la publication de l'article, c'est que M. Lenard a aussi été un antisémite notoire, membre du défunt parti nazi d'Adolf Hitler. Le physicien est devenu l'un des plus importants idéologues de la «physique aryenne». Cet homme dont Gatineau honore la mémoire a donc participé de manière directe ou indirecte au génocide de six millions de juifs. Il a été par la suite démis de ses fonctions à l'Université de Heidelberg lors du processus de dénazification qui a suivi la Deuxième Guerre mondiale.

À l'époque, le président de la Commission des arts et de la culture, Stefan Psenak, avait affirmé que le comité de toponymie devait se pencher rapidement sur cette question. «On ne va quand même pas honorer le nom d'un homme qui a participé à un génocide, avait-il affirmé. Ces informations méritent qu'on agisse rapidement et qu'on entame le processus pour changer le nom de cette rue. À partir du moment où nous savons plus précisément qui est cet homme, nous ne pouvons plus endosser ça.»

L'ex-maire de Gatineau, Marc Bureau, avait lui aussi demandé à ce que le comité de toponymie révise le cas de la rue Philipp Lenard. La semaine dernière, le maire Maxime Pedneaud-Jobin admettait ne pas avoir pu investir du temps et de l'énergie dans ce dossier.

Passé connu

La Ville précisait, il y a un an, que la dénomination de cette rue n'avait pas fait l'objet d'une analyse du comité de toponymie. Ce comité a toutefois rectifié le tir au cours de la dernière année en faisant quelques recherches sur cet homme. Une fiche de description de la rue Philipp Lenard est depuis apparue sur le site de la Ville de Gatineau. Elle y fait clairement mention du passé antisémite de M. Lenard.

On peut y lire que «parallèlement à son parcours scientifique, Philipp Lenard développa des idées politiques extrémistes durant la Première Guerre mondiale, mais aussi, à l'instar de plusieurs Allemands, à la suite de la défaite humiliante de l'Allemagne aux mains des Alliés. Nationaliste exacerbé, antisémite, il devient membre du Parti national socialiste, ou parti nazi, en 1933. Avec d'autres scientifiques, il cautionne le régime hitlérien. Il est l'un des idéologues de la physique aryenne.»

Carpentier veut savoir

Le conseiller du quartier Carrefour-de-l'hôpital, Gilles Carpentier, a sursauté en apprenant la réelle identité de Philipp Lenard. Il cherche depuis la fin de la semaine dernière à en savoir plus sur ce qui amène la Ville à maintenir une rue à ce nom.

Il doit d'ailleurs rencontrer le secrétaire du comité de toponymie de la Ville de Gatineau, Bernard Savoie, ce matin, à 9h. «J'ai fait mes devoirs, et demain, après cette rencontre, je vais avoir fait le tour de ma réflexion, a-t-il dit. Je veux parler aux experts. Je veux savoir sur quoi la ville se base et quels sont ses critères pour faire ce choix.»

Alexis Carrel

Si le comité de toponymie souhaite approfondir son travail, il pourrait aussi se déplacer à deux coins de rue, où la Ville honore Alexis Carrel, un autre récipiendaire du prix Nobel proche du régime nazi. Ce scientifique était un farouche partisan de l'eugénisme. Ainsi, selon M. Carrel, pour assurer une bonne évolution de l'espèce humaine, il fallait éliminer les porteurs de gènes indésirables. Les malades mentaux, les handicapés, les aveugles, les homosexuels et toutes personnes hospitalisées depuis plus de cinq ans devaient, selon lui, être éliminés. En France, presque toutes les rues et lieux portant le nom Alexis Carrel ont été rebaptisés.


Mémoire

Le « petit château de l'horreur » n'a pas encore livré tous ses secrets





Lieu d'oppression et de torture durant l'Occupation, l'ancien siège de la Gestapo à Toulouse fait partie du décor du Busca. Cette maison bourgeoise qui appartient aujourd'hui à des propriétaires privés, a connu une histoire tragique et mouvementée et n'a pas révélé tous ses secrets.

Les gens du quartier l'appellent «le petit château». À l'angle de la rue des Martyrs de la Libération, ancienne rue Maignan et des allées Frédéric Mistral, cette grande maison bourgeoise en briques, devant laquelle passent chaque jour des centaines d'automobilistes, est pourtant peu connue des Toulousains. Rares sont ceux qui savent que ses murs ont abrité entre mars 1943 et août 1944 le siège de la Gestapo, la police secrète de l'Etat nazi, à Toulouse.

Seule une plaque commémorative fixée à la clôture, mentionnant les noms de cinq résistants dont les corps ont été retrouvés dans le jardin à la Libération et devant laquelle un dépôt de gerbe a lieu année le 19 août, rappelle les atrocités qui s'y sont déroulées. Parmi eux, Lucien Béret, employé au centre de tri postal de la gare Matabiau et Léo Hamard, jeune policier du réseau «Morhange», arrêtés respectivement en octobre 1943 et juillet 1944 et torturés dans ses caves jusqu'à la mort. C'est là aussi que François Verdier, chef régional des Mouvements Unis de la Résistance, a subi les pires supplices sur une durée de 43 jours avant d'être exécuté en janvier 1944 dans la forêt de Bouconne.

Une famille juive spoliée

«Avant la guerre, le petit château appartenait à au moins deux propriétaires dont une famille juive parisienne. Quand la Gestapo arrive à Toulouse en novembre 1942, elle s'installe d'abord dans l'hôtel de l'Ours Blanc puis à partir de mars 1943, elle occupe au moins une partie de la maison qu'elle loue au mandataire parisien qui selon toute vraisemblance a dénoncé la famille juive pour récupérer ses biens», explique Guillaume Agullo, directeur du Musée départemental de la résistance et de la déportation.

Stratégique, la bâtisse abrite les services administratifs de la Gestapo et de la Sipo SD, le service de renseignement de l'armée allemande. Les agents qui s'y retrouvent ont été recrutés sur place pour être les yeux et les oreilles de la police secrète d'Etat, traquer les résistants et les adversaires idéologiques du Troisième Reich. Rapidement, la Gestapo, qui avait sous-estimé l'importance de Toulouse et de la surveillance des frontières avec l'Espagne, renforce ses effectifs. Au printemps 1944, on dénombre 53 agents permanents dont «seulement» 21 allemands. La plupart sont des Français.

Fêtes et réceptions se déroulent aussi en grande pompe au «petit château». Officiers et auxiliaires français de la Gestapo y invitent leurs amies. Selon Pierre Rous, alias X-3, agent infiltré du réseau Morhange, le dernier étage de la maison ressemblait à un «véritable lupanar».

Au printemps 1994, ses caves deviennent un lieu systématique de torture. Les prisonniers de Saint-Michel y sont amenés plusieurs jours de suite, certains sont enfermés dans les sous-sols entre deux séances d'interrogatoire.

Un foyer de l'OSE

Fin 1944, quelques mois après la Libération, une partie de la maison des allées Frédéric Mistral est affectée à l'Oeuvre de secours des enfants qui en fait un foyer pour les enfants juifs orphelins, cachés durant l'Occupation. Les lieux se vident à partir du printemps 1948, à la création de l'Etat d'Israël et l'Etat en récupère la charge. La préfecture imagine un temps y installer ses logements de fonction mais le préfet de l'époque dont le frère résistant avait été torturé et déporté n'envisage pas une seconde de dormir dans ces lieux. La partie de la bâtisse qu'occupait la Gestapo est restée inoccupée durant des années. A-t-elle été restituée à un cousin de la famille juive qui avait été spoliée ou est-elle revenue à ses dénonciateurs ? Personne ne semble le savoir.

Au début des années 1990, le conseil général pense à ce lieu symbolique pour abriter son musée de la résistance et de la déportation mais les deux propriétaires privés de l'époque préfèrent le vendre à la découpe. Quatre appartements sont ainsi vendus. Aujourd'hui l'entrée à l'arrière de la bâtisse, rue des Martyrs de la Libération, est empruntée par quatre copropriétaires qui disent n'avoir «rien à voir avec le passé». De l'avant de la maison, aux volets toujours baissés et au jardinet peu ou pas entretenu, qui fait face au Monument à la gloire de la résistance, aucune vie ne s'échappe. Dans le quartier, nul ne sait qui y réside. Mais lorsqu'ils passent à proximité, les vieux habitants du Busca continuent de changer de trottoir.



Mémoire

Un prix de la paix à Angela Merkel




Le Prix de la paix de Séoul, une distinction dotée de 200.000 dollars, a été attribué aujourd'hui à Angela Merkel pour sa reconnaissance d'une "responsabilité permanente" de l'Allemagne dans les crimes nazis.

La chancelière est la 12ème lauréate du prix fondé en 1990 et décerné notamment au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, à l'ancien président et dissident tchèque Vaclav Havel ou encore à Médecins Sans Frontières (MSF).

Selon le jury du prix, Angela Merkel a oeuvré pour "la conscience mondiale de la dignité humaine en demandant pardon et en assumant la responsabilité des crimes commis pendant la guerre". Angela Merkel a régulièrement évoqué la "responsabilité" de l'Allemagne dans la Shoah ces dernières années. "Le combat contre l'antisémitisme est notre devoir", affirmait-elle il y a deux jours encore dans un discours prononcé devant la Porte de Brandebourg, en plein centre de la capitale allemande et à quelques centaines de mètres du Mémorial de l'Holocauste, près de 70 ans après la chute du IIIe Reich.

"Elle a envoyé des messages exhortant les Etats niant les crimes de guerre du passé et les crimes contre l'Humanité à s'amender", selon les attendus du prix. Il vise implicitement le Japon, auquel la Corée du Sud reproche de ne pas avoir fait suffisamment repentance pour la brutalité de l'occupation japonaise de la péninsule coréenne entre 1910 et 1945.